DIAKADI / Afrique de Nord / Tunisie

Tunis

Tunis est la capitale de la Tunisie et le chef-lieu du gouvernorat du même nom. Elle joue le triple rôle de capitale politique, économique et intellectuelle.

Édifiée au nord-est du pays, sur les flancs d’une chaîne de collines, séparé de la méditerranée par un cordon littoral, Tunis s’étend jusqu’au lac du même nom.
Etalée sur une dizaine de kilomètres et large de deux kilomètres, la capitale tunisienne comprend une couronne urbaine d'environ 1 996 000 habitants (estimation pour 2003) qui sont appelés les Tunisois et non les Tunisiens qui désignent les habitants du pays. Tunis concentre donc un cinquième de la population de la Tunisie.

L'origine de la ville est phénicienne. Le site de Tunes se développe très modestement dans l'ombre de Carthage, la puissante.
Elle sera détruite par les Romains en -146. Construite avec les ruines de l’ancienne cité punique, Tunis ne prendra réellement de l'ampleur qu’avec la destruction de Carthage en 698 par les Arabes.
Sous la domination arabe, Tunis deviendra la deuxième ville du pays après Kairouan sous les Aghlabides, puis capitale en 1160, avec la conquête Almohade.

Dès le 13è siècle, sous les Hafsides, Tunis s'impose comme le premier port du Maghreb et obtient la primauté politique et administrative du pays aux dépens de Kairouan.
La ville conservera ce statut lorsqu’elle passera sous domination turque puis sous protectorat français en 1881. A l’indépendance, Tunis deviendra tout naturellement la capitale de la Tunisie.

Aujourd’hui, Tunis est à la fois le centre administratif, commercial, financier et culturel du pays.
Tunis est aussi le premier pôle industriel du pays, spécialisé dans les industries chimiques, alimentaires et textiles. Tunis possède en outre des distilleries. Ses exportations principales sont les tapis, les fruits, le minerai de fer et les olives.

Tunis est aussi, avec Carthage, un pôle touristique.

Les Ruines de Carthage

Les Ruines de Carthage

Carthage

Ville de Tunisie, aux environs de Tunis, Carthage compte 15 922 habitants (recensement de 2004).
C'est le site de la ville antique du même nom.

Fondée vers 814-813 avant J.-C. par des Phéniciens de Tyr, conduits, selon la légende, par leur reine Didon, Carthage fut une grande puissance commerciale et maritime, gouvernée par une oligarchie financière et marchande.
Elle lutta, surtout contre Rome, pour l’hégémonie en Méditerranée occidentale et la possession de la Sicile. S’ensuivirent les guerres puniques (264-146 avant J.-C.). Malgré Hannibal, elle fut vaincue, puis détruite totalement par Scipion Émilien, à l’issue de la troisième guerre punique (146 avant J.-C.).
Devenue colonie romaine, elle sera d’abord rebâtie en 122 avant J.-C. (Colonia Junonia) puis par César, en 44 avant J.-C. (Colonia Julia). Elle s’ouvrit à la pénétration du christianisme et redevint prospère.
Ravagée en 439 par les Vandales, puis annexée à l’Empire byzantin par Bélisaire (534), elle connut son déclin définitif après la conquête arabe de 698.

Aujourd’hui, Carthage, trois fois millénaire, appartient au patrimoine de l'humanité. C’est une ville touristique où subsistent des vestiges puniques et romains mis en valeur par la création du parc Archéologique de Carthage.

Mosquée de Kairouan

Mosquée de Kairouan

Kairouan

Ville des hautes steppes, chef-lieu de gouvernorat, Kairouan est une petite ville aux activités économiques restreintes.
Elle reste un grand centre culturel, spirituel et artisanal spécialisé dans la fabrication des tapis et le travail du cuivre. En raison de sa richesse architecturale, elle est très fréquentée par les touristes.

Kairouan date de la conquête musulmane. A l’origine c’était une base militaire fondée, dès sa première incursion, par Oqba Ben Nafi, conquérant arabe et propagateur de l'islam en Afrique du Nord (50 ans de l'Hégire, 670/671 après J.-C).
Il semblerait que l'emplacement choisi était un lieu d'échanges existant déjà à l'époque byzantine, avec quelques silos à blés et quelques habitations.

Les premières années de Kairouan furent des plus difficiles, en raison de l'opiniâtreté de la résistance des Berbères, farouches opposants aux envahisseurs. Ils obtiennent ainsi deux importantes victoires en 682 et 688 sous le commandement de Kossayla, chef chrétien de la tribu des Auraba.
Après la mort de ce dernier, les Arabes, conduits par Hassan Ben Nomane, firent leur retour en force et obtinrent une victoire définitive sur les berbères. Kairouan devint la capitale de l’Ifriqiya en 695 et la Grande Mosquée fondée par Oqba fut reconstruite.

Au IXe siècle, avec les Aghlabides, Kairouan devint une capitale très florissante, dotée de riches palais et monuments publics.
Jusqu’au 13ème siècle (l'âge d'or de la civilisation Islamique Arabe), Kairouan sera le centre d'une des civilisations les plus brillantes du Moyen Age.
Pillée et ruinée en 1057 par les Arabes hillaliens, Kairouan connaître un lent déclin jusqu’au transfert de la capital à Tunis au début du 12è siècle.

Kairouan reste à ce jour un centre spirituel important pour les Musulmans, la ville sacrée la plus importante d'Afrique du Nord que visitent chaque année de nombreux pèlerins : la Grande Mosquée (Djama Sidi Oqba), l'une des plus renommées de tout l'islam, la petite mosquée des Trois Portes (Djama Tleta Bibane) du IXe siècle ou encore la zaouia turque de Sidi Amar Abbada (1871).
Kairouan est considérée comme la quatrième ville sainte de l'Islam après la Mecque, Medine et Jérusalem. Elle est aussi la quatrième ville construite par les musulmans après Bassorah, Al Koufa et Al Foustat.

Djerba

Djerba est une île du Sud de la Tunisie située dans le Golfe de Gabès (ou petite Syrte) à environ 50 Kms au Nord de Médenine. Sa superficie est modeste : 514 km2.
L’île appartient au gouvernorat de Médenine. Elle est séparée du continent par un bras de mer, le canal d’Ajim, large de 2 Kms seulement. L’île est rattachée au continent depuis l'époque romaine par une chaussée longue de 7 Kms, el Kantara, qui relie son extrémité sud-est à la péninsule de Zarzis.

La population est d’origine berbère (musulmans kharidjites).
Dans la mythologie grecque, l'île était la patrie des Lotophages (mangeurs de lotus). Ce fut une possession romaine après avoir été occupée par les Carthaginois. Une forte colonie de juifs chassés par les Romains de leur pays après la destruction du Temple, s’y installe. Nœud de commercialisation entre l’Afrique et l’Europe, Djerba voit sous les Romains ses activités s’accroître.
Envahie par les vandales, reprise par les Byzantins, elle fut conquise par les Arabes en 655.
L'île est alors le témoin de luttes entre différentes factions musulmanes, les Berbères autochtones Kharidjites d’un côté et les Arabes orthodoxes de l’autre. Dès lors, les activités commerciales de l’île diminuent. Elle finira par adopter les croyances kharidjites.

Au 9è siècle, l’île, devenue indépendante, opte pour la piraterie. À partir de 1135, pour y mettre fin, et durant quatre siècles, Normands de Sicile, Aragonais, Espagnols et Ottomans entraînant à chaque fois des massacres entre chrétiens et musulmans.
En 1560 les turcs mettent définitivement la main sur Djerba qui connaîtra ensuite une longue période de paix.
En 1881, Djerba, tout comme la Tunisie, sera occupée par la France.

Aujourd’hui, l’île est surtout réputée pour le tourisme. Elle véhicule l’image d’une île paradisiaque qui a fait dire à FLAUBERT : « L’air est si doux qu’il empêche de mourir ».