Le Rwanda fut un des derniers pays africains à être incorporé au système colonial européen à la fin du XIXème siècle (1885).
Auparavant on comptait une multitude de petits royaumes qui ont été réunis au 16è siècle sous l’autorité du roi «Umuhinza» ou «Umwami»,de la dynastie des Nyiginya.

En 1885, la Conférence Internationale de Berlin attribua les régions du « Rwanda-Urundi » et du Tanganyika à la Compagnie allemande de l'Afrique Orientale qui firent dès 1885 partie de la couronne allemande. L'explorateur anglo-américain Stanley (Sir John Rowland Morton) fut le premier blanc à fouler le sol rwandais sur l'île du lac Ihema. Il se heurta à la farouche hostilité des habitants et se replia immédiatement.
En 1899 le Rwanda devient un Protectorat allemand et dès 1900 les premiers missionnaires catholiques européens, «les Pères Blancs» sont envoyés. En 1919 le Rwanda –Uruni sera confié à la Belgique après la défaite de l'Allemagne et sera officiellement annexé au Congo belge en 1925.

Le 12 novembre 1931, le roi Yuhi V Musinga, très méfiant envers le gouvernement belge et le catholicisme, fut destitué et remplacé par son fils Rudahigwa Mutara III (alors âgé de 20 ans) et exilé au Congo Belge où il mourut.
Il s’ensuivit une réorganisation administrative qui supprima les fonctions de chefs du sol et de pâturage et les remplacèrent par les fonctions de chef d'armées et à l'Administrateur du territoire exclusivement réservées aux belges.

En 1934-1935 : le peuple rwandais fut soumis à un recensement unique en son genre qui porta sur les hommes adultes et valides. Au cours de ce recensement, l'administration imposa comme critère d'appartenance au groupe «ethnique» TUTSI le fait de posséder au moins dix têtes de bétail bovin. Le reste de la population fut assimilé au groupe «ethnique» HUTU ou des TWA selon les professions.
C’est de cette époque que date le livret d'identité portant la mention du «groupe ethnique» de chaque citoyen Rwandais.

En 1943, l'Administration belge remplaça tous les chefs hutus par les chefs tutsis désignés par le roi MUTARA III nouvellement baptisé. Ce dernier consacrera le Rwanda au Christ-Roi le 27 octobre 1946.
Le Roi s'opposera aux punitions corporelles infligées aux hommes adultes au grand mécontentement de l'administration coloniale. Il demandera sans succès à ce que l’origine ethnique ne figurent plus sur les document officels.
Il mourra dans des circonstances mystérieuses le 25 juillet 1959.

Après la mort du mwami Mutara, décédé sans héritier, son successeur, son cousin Kigeli V, illégitime aux yeux des Hutu et imposé par les conseillers du souverain défunt, appliqua une politique de fermeté destiné à défendre les privilèges de l’aristocratie tutsi.
Il s’ensuivit des revendications socio-économiques qui dégénérèrent très vite en affrontements communautaires après l’assassinat d’un responsable politique hutu. Ils furent d’autant plus vifs que l’administration coloniale resta statique et que l’Église prit fait et cause pour la majorité hutu.

Les Tutsi, très minoritaires, furent massacrés et pourchassés et plus de deux cent mille d’entre eux quittèrent le pays. L’année suivante, le mwami fut contraint à l’exil.

En janvier 1961, la république fut proclamée et un référendum, organisé quelques mois plus tard, rejeta par 80% des voix la monarchie.
Suite aux élections législatives en septembre, Le Parmehutu devient le premier parti du pays avec 78% des voix. Le 26 octobre 1961, son dirigeant, Grégoire Kayibanda, secrétaire de l’archevêque du Rwanda, fut élu président de la République rwandaise.
Sur l’insistance du Conseil de tutelle de l’ONU, la Belgique proclama l’indépendance du Rwanda le 1er juillet 1962.

En 1963, une tentative de coup d’État des exilés Tutsi venus du Burundi voisin échoua et servit de prétexte aux massacres contre de nombreux Tutsi.

L’histoire politique du Rwanda se résume à une succession de coup d’état et de massacre ethniques jusqu’au génocide d’avril 1994 qui vit le massacre de nombreux rwandais (entre 500 000 et 1 000 000, tutsis pour la plupart) sans qu'aucun état ou instance international n'intervienne.