Des peintures rupestres attestent que le Sahara tchadien n’était pas désertique à l’époque néolithique. Au sud, ses habitants vivaient de la pêche et de l’agriculture en bordure du lac Tchad, dont la superficie était beaucoup plus étendue, et des pasteurs venus de l’est se sont installés dans les montagnes de l’Ennedi et du Tibesti, au nord.

Les vestiges matériels des premiers habitants identifiés sont les statuettes funéraires en terre cuite attribuées aux Saos, des populations noires installées sur des buttes émergeant des terres inondables au sud du lac Tchad, au seuil de notre ère. 

Un beau couché de soleil

Un beau couché de soleil

Traversé par les routes transsahariennes, le pays abrita diverses populations plus ou moins islamisées qui constituèrent de célèbres et puissants royaumes, vivant de la traite des esclaves, dont celui du Kanem (fondé au VIIIe siècle par les Toubous du Tibesti) puis celui du Bornou.

Au XIXe siècle, le pays est exploré par les français qui ne tarderont pas à s’y établir malgré les résistances locales (révoltes dans l’Ouaddaï, matées en 1912 ; luttes contre les Senoussis au Bornou et dans l’Ennedi).

Première colonie française ralliée à la France libre en 1940 par le gouverneur Félix Éboué, le Tchad est utilisé comme base militaire pour la reconquête de l’Afrique du Nord à partir du Fezzan.
Le Tchad devint une république autonome en 1958, et indépendante en 1960 sous la présidence de François Tombalbaye.

Très vite, des populations du Nord et de l’Est se rebellèrent contre le pouvoir en place.
En 1975, Tombalbaye, renversé et assassiné, sera remplacé par le général Félix Malloum qui ne réussira pas à ramener la stabilité. Une grande partie du pays sombra dans l’anarchie qui mena à partir de 1979, à une guerre civile opposant Goukouni Oueddeï et Hissène Habré, les deux leaders nordistes.

Vainqueur, Hissène Habré s’installa à N’Djamena en 1982 tandis que Goukouni Oueddeï faisait alliance avec la Libye pour occuper le Nord (1983).
Ce dernier sera contraint de s'exiler en 1987 à la suite de la victoire des forces habréistes aidé de l’armée française. Les trois dernières années de la présidence de Hissène Habré, durant lesquelles il tente d'affirmer sur le terrain politique son avantage militaire, se soldent par un échec : il cède le pouvoir à Idriss Deby en 1990 pour trouver asile au Sénégal.

Sous son impulsion, le pays s’engagea progressivement sur la voie de la démocratisation. En 1996, une nouvelle Constitution fut instaurée et Idriss Déby fut réélu malgré la très nette fracture du pays entre le Nord et le Sud.

Les nomades dans le désert

Les nomades dans le désert

En 1999, le Tchad qui s’était engagé, au côté du président de la République démocratique du Congo, à combattre la rébellion congolaise, signa un pacte de paix avec l’Ouganda et l’Érythrée. Tout en poursuivant la politique de redressement économique qui permit de corriger certains déséquilibres, le gouvernement tchadien du faire face aux graves difficultés rencontrées par les principales sociétés publiques.

En mai 2001, Idriss Déby était réélu à la tête du pays, mais l’élection, entachée de nombreuses irrégularités, est constestée par l’opposition.
Le président tchadien remporte toutefois des succès importants sur le front de la rébellion.
Après la disparition de son leader Youssouf Togoïmi, le mouvement rebelle MDJT signe à Tripoli, au mois de janvier 2002, un accord de paix avec le gouvernement. Cet accord prévoit l’arrêt immédiat des hostilités, ainsi qu’une amnistie générale.

Le pays doit faire face en mars-avril 2006 à un retour des hostilités, notamment à une tentative de coup d’État menée par les rebelles du Front uni pour le changement (FUC). Bien que l’armée tchadienne parvient à repousser les rebelles hors de la capitale N’Djamena et malgré le soutien de la France, le régime d’Idriss Déby apparaît de plus en plus contesté et illégitime.
Il est malgré tout réélu lors des élections présidentielles du 3 mai 2006, boycottées par l’opposition, avec près de 65% des suffrages.