Les premiers peuplements

Des découvertes récentes d’outils de pierre, entre le lac Albert et le lac Édouard, à la frontière est du pays, montrent que le peuplement de ce pays remonte à deux millions d’années. A cette époque la cuvette congolaise était recouverte d’une forêt dense.
Les populations les plus anciennes seraient les pygmées et les bochimans dont les premières traces remontent à 9000 ans.

1500 ans avant J.C, le pays subit une grande migration de peuples de langue bantous venue du Nigeria, du Tchad et du Cameroun. Ils s’installent sur les zones côtières et les savanes ainsi que sur les plateaux orientaux et méridionaux où ils défricheront la forêt. Ils repoussent les pygmées dans la forêt primaire.
Aujourd’hui près de 70% de la population de la RDC sont les descendants de ces peuples bantous.

Un siècle plus tard des peuples venus du soudan s’installent nord-est du pays.

L'ère précoloniale

Avant la colonisation, on comptait de nombreux royaumes aux tempéraments belliqueux entretenant des relations commerciales prospères.
Ces royaumes avaient pour caractéristique principale la succession matrilinéaire fondé sur le vote ou la nomination du vainqueur d’une compétition ardue entre différents concurrents.

Le plus ancien État connu dans la région est le royaume du Kongo formé au XIV è siècle. Il s’étendait sur le territoire actuel des États de la République démocratique du Congo, de la République du Congo, du Gabon et de l'Angola. Il atteint son apogée au XV è siècle et fut l’un des premiers à réaliser une christianisation de son peuple à grande échelle.
Le royaume kouba se constitua dans le Kasaï occidental et le Lulua. Ses origines remonteraient, elles aussi, au XVe siècle, mais il ne prit réellement son essor qu'au XVIIe siècle, sous le règne de Chamba Bolongongo. Ce souverain «moderniste» encouragea les nouvelles cultures et répandit le tissage du raphia. À la fin du XVIIe siècle, les Lubas envahirent le royaume kouba. Celui-ci perdura néanmoins jusqu'à sa soumission par les Belges en 1904.
Le royaume lunda, dans le sud-ouest du Katanga, fondé au XVIè siècle par l'union de diverses chefferies, prendra son essor avec la fin de l’empire Kongo grâce à ses échanges commerciaux entre les deux océans, Atlantique et Indien. Ses richesses minières susciteront l’appétit des européens. Ces derniers, aidés dans leur tache par les luttes fratricides entre différents prétendants au titre de Mwant Yav (Empereur), affaibliront l'empire qui éclatera à la fin du XIXè siècle en une multitude de petits royaumes.

Les esclavagistes et les négriers pratiqueront des razzias meurtrières entraînant des guerres incessantes entre tribus et entre royaumes qui ravageront l'ensemble du pays. Au final, on assistera à la dislocation de ces systèmes étatiques et de ces royaumes.

Les premières expéditions coloniales

Les portugais furent les premiers, avec l’explorateur Diego Cam, à avoir découvert l’embouchure du fleuve congo et l’existence du royaume du Kongo en 1482. Des comptoirs furent créés sur la côte et la cour de Lisbonne et celle du royaume Kongo nouèrent des contacts étroits, surtout dans le domaine commercial (bois, ivoire et, principalement, esclaves).
Avec la chute du royaume du Kongo et les résistances de plus en plus vives de la population contre la traite des noirs, les portugais se tournent vers l’Angola jugée moins rétive et limitèrent leur implantation à la région littorale.

Les véritables explorations ne débutèrent qu'à la fin du XVIIIè siècle grâce notamment à l’explorateur journaliste anglo-américain Henry Morton Stanley. Il explore, le premier, le fleuve Congo de 1874 à 1877. Les récits qu’il fera de son voyage renforceront l’intérêt croissant des Européens pour l’Afrique, considérée comme une source de richesses.

Au même moment, le roi des Belges, Léopold II, qui rêvait d'un empire en Afrique réunit au Palais de Bruxelles une conférence internationale réunissant les délégations de 6 nations parmi les plus puissantes, composées de savants, de géographes et d'explorateurs, et axée sur la découverte de l'Afrique centrale. Cette conférence aboutira à la création en 1876 à l’Association internationale pour la civilisation et l'exploration de l'Afrique centrale et marque le point de non-retour du processus colonial en tant que tel. En effet, au-delà de la présence de missionnaires belges au Congo, c’est cet événement officiel qui va propulser en avant le processus colonial en y associant trois idées : l’humanitaire, la scientifique et l’économique.

En 1877, Léopold II créa, avec le concours de Stanley, le Comité d'études du Haut-Congo, transformé en 1879 en Association internationale du Congo dont l’objectif était «d’ouvrir l’Afrique à la civilisation et d’abolir la traite des esclaves».
En réalité, le roi récupère sous son autorité directe et à son unique profit les dividendes de la coopération grâce à l’habileté de Stanley qu’il chargea de cette mission.

Ce dernier conclu (par la force ou par la ruse) des traités avec près de 450 chefs indigènes pour le compte de Léopold II et établit le long du fleuve Congo, désormais balisé, une série de comptoirs commerciaux parmi lesquels Stanleyville (actuelle Kisangani) et Léopoldville (actuelle Kinshasa).
Ce faisant, il pose les bases du futur état indépendant du Congo.

L’Etat indépendant du Congo

Le pays est colonisé par Léopold II qui, par la conférence de Berlin, février 1885, en fait un «État indépendant du Congo» dont il fut le souverain à titre personnel.
En 1908, l’État indépendant du Congo devient une colonie belge.

Le développement d'une population urbaine et ouvrière entraîna l'apparition des premiers mouvements nationalistes tel l’Abako de Joseph Kasa-Vubu favorable à la création d’un État confédéral, le Mouvement national congolais de Patrice Lumumba défendant la constitution d’un État fédéral ou encore la Conakat (Confédération des associations katangaises) poussée par les intérêts miniers.

Après 10 ans de luttes politiques, la Belgique décide de se retirer, craignant une guerre d’indépendance semblable à celle qui frappait l’Algérie. Une table ronde réunissant à Bruxelles les dirigeants des partis politiques congolais, les chefs coutumiers et les représentants du gouvernement belge, en janvier et en février 1960, fixe, dans des conditions difficiles, au 30 juin de la même année l’indépendance du Congo sans régler la question du fédéralisme.

La première république

En mai 1960, les élections donnent la victoire au MNC de Lumumba, qui cède cependant la présidence à Kasa-Vubu, après la proclamation de l’indépendance, à Léopoldville, le 30 juin 1960.
Compte tenu des dissensions existant entre ces deux formations politiques au sein d’un gouvernement central, la jeune république sombre presque aussitôt dans le chaos et la division. Situation renforcée notamment par la rébellion de l’armée contre les officiers blancs.
Le Katanga (ancien nom de la région du Shaba) fait sécession en juillet, sous la direction de Moïse Tschombé appuyé par la puissante Union minière, et demande l’aide militaire belge.
En août, la province du Kasaï fait sécession.

Entre-temps, afin de protéger ses ressortissants au Congo et organiser leur retour au pays, et sans consulter le nouveau gouvernement, le royaume de Belgique envoya des renforts de troupes à celles restées sur place. Cette mesure suscita la colère des citoyens congolais et accentua les troubles.
Le premier ministre Lumumba demanda l’intervention des Nations unies. Il obtint une force de maintien de la paix neutre qui refusa d’intervenir au Katanga. C’est pourquoi Patrice Lumumba se tourna vers l’URSS au grand dam des Etats-Unis qui voyaient poindre le spectre d’un bastion communiste au centre de l’Afrique.

Soutenu par l’Onu et les Etats-Unis, le 5 septembre 1960, le Président Kasa-Vubu passe à la radio pour annoncer la révocation de son premier ministre Patrice Lumumba ainsi que six autres ministres. Moins d’une heure plus tard, ce dernier annonce à son tour la destitution du président.
Kasa-Vubu nomme le président du sénat Joseph Ileo comme Premier ministre. Il est rejeté par le Parlement, où Lumumba à la majorité et qui le qualifie de « somptueux Premier ministre d’un gouvernement illégal ».
Ileo contresigne le décret de Kasa-Vubu du 13 septembre 1960 portant ajournement des chambres pour un mois.

Après que Kasa-Vubu (président) et Lumumba (premier ministre) se furent destitués réciproquement, le colonel Joseph-Désiré Mobutu, commandant de la force publique, opéra un coup d’état le 14 septembre 1960, neutralisa la présidence, le gouvernement et les deux chambres. En réalité, seul Lumumba sera mis hors circuit, tandis que Kasa-Vubu continue de diriger.
Le 29 septembre, le président Kasa-Vubu transférait son autorité à Mobutu qui mit en place un gouvernement provisoire.

Mis en résidence surveillée, Lumumba s’échappe.
Il est rattrapé en décembre et est mis aux arrêts par le colonel Mobutu.
En janvier, est envoyé dans la province du Katanga. Il y sera torturé et exécuté par un commando belgo-congolais le17 janvier 1961.

Pendant cette période de trouble, le Congo est divisé en quatre pouvoirs :

Face à la difficulté des politiciens congolais de se parler, l’abbé Fulbert Youlou, président du Congo-Brazza, va initier des contacts chez lui avec Moïse Tshombe, Albert Kalonji, Joseph Kasa-Vubu, Bomboko, Bolikango.
Ces contacts aboutiront au Conclave de Lovanium (du 22 juillet au 2 août 1961) mené par Fulbert Youlou, président du congo-brazza, sous l’égide de l’ONU. Tous les acteurs de la crise sont présents excepté Tshombé et ses parlementaires.
Le compromis trouvé au conclave de Lovanium n'a pas remis en cause la légitimité de J. KasaVubu. Par contre, il a abouti à la nomination de Mr. Cyrille Adoula, jugé neutre, comme Premier ministre de compromis au détriment de Mrs. lléo et Gizenga.
Les membres du MNC, majoritaire au parlement dénoncent cette situation et entrent en rébellion. La résistance qui durera de 1963 à 1965 gagne les ¾ du pays.

Entre-temps, le 21 février 1961, le conseil de sécurité de l’ONU donne l’autorisation aux forces congolaises de l'ONU d’intervenir au Katanga afin d’éviter une guerre civile au Congo.
Alors qu'il négociait un cessez-le-feu entre les troupes de l'ONU et les forces katangaises, le secrétaire général de l'ONU, Dag Hammarskjöld, trouva la mort dans un accident d'avion dont les circonstances ne furent jamais élucidées.
Entre 1962 et 1963 : L’Onu met fin à la rébellion de Gizenga à Stanleyville (Kisangani), dans l’Est.
En décembre 1962, les forces de l'ONU prenaient le contrôle d'Élisabethville.

Tschombé prit la fuite et se réfugia à Kolwezi. Le 15 janvier 1963, il se rendit et obtint l'amnistie pour lui-même et ses partisans. La sécession katangaise est supprimée; Tshombe et ses partisans gardent les mandats politiques qu'ils occupaient avant la sécession.