DIAKADI / Afrique Centrale / La République Centrafricaine

Longtemps point de passage, la Centrafrique connaîtra les premières migrations avec le début de l’esclavage transsaharien.

La première structure étatique connue est le royaume du Kanem fondé au IXe siècle et islamisé au XIe siècle qui s’étendait depuis le lac Tchad, sur le nord de la Centrafrique actuelle.

Aux XVe et XVIe siècles, le Baguirmi et le Bornou, royaumes fondés par des populations apparentées aux Nubiens permirent à certains groupes de population de participer au commerce transsaharien. Les désordres se multiplièrent au XVIIIe siècle, avec l'essor de la traite atlantique.

À la fin du XVIIIe et au XIXe siècle, un nouveau royaume guerrier émergea avec la migration des Zandés sur le haut Oubangui et le Bahr al-Ghazal. Puis ce fut le tour du royaume de Rabat (un aventurier et marchand d’esclaves et d'ivoire installé près du lac Tchad) conquis au dépends du Baguirmi et du Bornou avec l’aide d’une armée de 35 000 soldats qu'il équipa de fusils à tir rapide et surtout avec l’aide d’un descendants du royaume de Baguirmi.

Dans les années 1870 et 1880, le pays connu une première vague d'explorateurs européens, venus de la vallée du Nil puis, les Français et les Belges, implantés au Congo, se lancèrent à la conquête de la Centrafrique vers 1885.

En 1889 est fondé, sur la rive droite de l’Oubangui, le premier poste français, appelé Bangui après qu’ils se soient partagés la Centrafrique avec les belges. Au début du vingtième siècle, tous les royaumes centrafricains étaient tombés aux mains des français.

Le pays est alors livré à l’exploitation des sociétés concessionnaires qui soumettent les populations au travail forcé. Des crimes et exactions commis, de l’impôt « indigène » et d’une façon générale, des conditions de vie épouvantables, imposées aux populations découleront de nombreuses révoltes.

Ces révoltes et surtout la guerre du Kongo-wara qui sema la terreur parmi les colons feront de la colonisation centrafricaine une des plus brutales du continent africain.

Après le conflit, en 1946, le régime colonial s'assouplit légèrement et le travail forcé fut abolit. La même année, l’Oubangui-Chari devient territoire d’outre-mer, et élit sont premier son premier député à l’assemblée nationale, Barthélemy Boganda. Ce dernier fonde en 1949 le Mouvement pour l’évolution sociale de l’Afrique noire (MESAN).

Lorsque, en 1958, le pays devient République centrafricaine au sein de la Communauté française, Boganda, devenu Premier ministre, tente de constituer avec le Congo et le Tchad une union des États de l'Afrique latine, ouverte à l’adhésion aux territoires portugais. Il mourra l’année suivante dans un accident d’avion.

Malgré les efforts entrepris par Barthélemy Boganda et par ses successeurs, l'Oubangui-Chari ne pu maintenir l'unité de l'AEF. Le 13 août 1960, le pays accéda à l'indépendance.

David Dacko lui succède et devient le premier président du pays.